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La pensée
transdimensionnelle
Selon les matérialistes, quand le cerveau meurt, la
personne meurt aussi de manière définitive et irréversible. Heureusement, au
cours des deux dernières décennies, certaines expériences ingénieuses ont
suscité l'espoir, y compris chez des athées endurcis, que notre vie se prolonge
par delà la durée d'existence de notre cerveau et que des qualités inestimables,
telles que l'amour et le sens de la vérité, existent sans doute dans le champ de
notre conscience de façon permanente et bien au-delà de notre plan
d'expérimentation 3D actuel.
Loin d'être une vision religieuse ou
sectaire, la présence avérée de ce champ (qui correspond au fameux "point zéro"
de la physique quantique), explique l'univers mieux que n'importe quelle autre
hypothèse. Elle met à la disposition aussi bien des spiritualistes que des
scientifiques la possibilité de relier par un pont logique l'esprit et la
matière.
C'est ce que démontre, entre autres, Deepak Chopra dans son
nouveau et brillant livre "La vie après la mort : le livre des réponses" (Éd.
Guy Trédaniel), dont voici un court mais très important extrait.
« Pour un matérialiste, quand le cerveau meurt, la personne meurt aussi…
Plus nous parviendrons à montrer que le champ de la conscience est
intelligent, plus nous serons enclins à penser que notre propre intelligence
peut survivre après la mort. Une façon d'aborder ce problème qui peut paraître
singulière, mais qui s'avère très fructueuse, c'est de réfléchir sur la
télépathie animale. Nombreux sont les maîtres d'animaux familiers qui affirment
qu'un chien ou un chat est capable de savoir ce que pense son maître. Quelques
minutes avant d'aller se promener, un chien est excité et agité ; le jour où on
va emmener un chat chez le vétérinaire, il disparaît et reste introuvable. De
telles remarques ont conduit le chercheur britannique Rupert Sheldrake,
biologiste expérimenté devenu théoricien, à mener des expériences rigoureuses
pour découvrir si les chiens et les chats peuvent vraiment lire dans l'esprit de
leur maître.
Voici comment s'est déroulée une enquête très simple :
Sheldrake a téléphoné à soixante-cinq vétérinaires dans la région de Londres et
leur a demandé s'ils savaient que des propriétaires de chats annulaient des
rendez-vous parce que leur chat avait disparu ce jour-là. Soixante-quatre
vétérinaires ont répondu par l'affirmative et le soixante-cinquième a déclaré
qu'il renonçait à donner des rendez-vous pour soigner des chats car un trop
grand nombre d'entre eux étaient introuvables quand on devait les lui amener.
Sheldrake fit une autre expérience avec des chiens. Quand un chien est
excité à l'heure de la promenade, cela ne signifie pas grand-chose si la
promenade est prévue tous les jours à heure fixe, ou si le chien a repéré les
indices qui l'informent que son maître se prépare à sortir. Sheldrake a donc
placé les chiens dans des chenils isolés, loin de leur maître ; il a alors
demandé aux maîtres de penser à sortir leur chien à des moments choisis au
hasard, cinq minutes avant d'aller le chercher. Pendant ce laps de temps, les
réactions du chien étaient enregistrées sur cassette à l'endroit où il était
isolé. Sheldrake a fait le constat suivant : quand le maître commençait à penser
à emmener son chien se promener, dans plus de 50 % des cas le chien courait à la
porte en battant de la queue, tournait sans arrêt en rond et continuait de se
comporter ainsi jusqu'à l'arrivée du maître. Aucun chien ne manifestait de signe
d'attente, quand le maître ne pensait pas à faire la promenade.
Voilà de
quoi s'étonner : le lien entre un animal familier et son maître crée une
relation subtile au niveau de la pensée. Selon des sondages, environ 60 % des
Américains croient avoir eu une expérience télépathique. Ce n'est pas tout.
Après avoir publié les résultats obtenus avec des animaux familiers, Sheldrake
reçut un courriel envoyé par une New-yorkaise : son perroquet gris d'Afrique non
seulement lisait ses pensées mais y répondait en parlant. Par exemple la femme
et son mari pouvaient être assis dans une autre pièce où l'oiseau, qui
s'appelait N'kisi, ne pouvait les voir. S'ils avaient faim, N'Kisi s'exclamait :
« Vous voulez miammiam. » Si la maîtresse du perroquet et son mari envisageaient
de sortir, N'kisi pouvait dire : « Faut sortir. À plus. »
Fortement
intrigué, Sheldrake entra en relation avec la propriétaire de l'oiseau, une
artiste du nom d'Aimée Morgana. Quelle ne fut pas sa surprise ! Les perroquets
gris d'Afrique sont de tous les oiseaux ceux qui sont les plus doués dans le
domaine du langage. N'kisi avait un vocabulaire considérable de plus de 700
mots. Ce qui était encore plus extraordinaire, il s'en servait comme les hommes,
sans répéter un mot stupidement « comme un perroquet », mais en l'utilisant à
bon escient. S'il voyait quelque chose qui était rouge, il disait « rouge », et
si l'objet était d'une autre couleur, il disait le mot correspondant à cette
couleur. Mais Aimée avait des histoires encore plus étonnantes à raconter à
Sheldrake. Un jour où elle regardait un film de Jackie Chan à la télévision,
pendant une scène où Chan était perché dangereusement sur une poutre, N'kisi dit
: « Ne tombe pas », alors que sa cage se trouvait derrière le poste de
télévision sans aucune possibilité de voir l'image. Quand une publicité pour une
automobile apparut sur l'écran, N'kisi dit : « C'est ma voiture. » Une autre
fois Aimée lisait dans un livre la phrase suivante : « Plus la baie est noire,
plus le jus est sucré. » Alors, en même temps, depuis une autre pièce l'oiseau
dit : « La couleur est noire. »
Sheldrake voulut en avoir le cœur net. Lors de sa première visite, Aimée lui
donna un aperçu du don de N'kisi. Elle regarda la photo d'une fille dans un
magazine et, d'une voix remarquablement claire, depuis la pièce voisine le
perroquet s'exclama :« Ça, c'est une fille !» L'étape suivante consista à faire
une expérience en bonne et due forme. Si N'kisi pouvait comprendre les mots et
avait aussi des capacités télépathiques, les deux choses pouvaient-elles être
testées à la fois ? Sheldrake proposa à Aimée de regarder des images qui
correspondaient aux mots que son perroquet connaissait déjà. Elle s'assiérait
dans une pièce tandis que N'kisi resterait isolé dans une autre. L'oiseau aurait
deux minutes pour prononcer un « mot clé » qui correspondrait à l'image. S'il
disait le mot en temps voulu, il marquerait un point. S'il ne disait pas le mot,
ou s'il le disait une fois les deux minutes écoulées, cela compterait comme un
échec.
Pour s'assurer qu'il n'y ait pas de tricherie, quelqu'un en plus
d'Aimée choisirait à la fois les images et les mots clés qui correspondaient à
chacune d'elles. (Cela s'avéra un peu injuste à l'égard de l'oiseau, puisque la
personne en question choisit certains mots comme « Télé » que N'kisi n'avait
dits qu'une ou deux fois auparavant. L'oiseau ne prononça pas ces mots au bon
moment durant l'expérience ou il ne les dit pas du tout.) Lorsque les épreuves
furent terminées, on fit entendre à trois juges la bande sur laquelle était
enregistrée ce qu'avait dit N'kisi. Ils notèrent ce qu'ils avaient entendu. Si
N'kisi ne prononçait pas distinctement le mot juste, l'oiseau ne marquait pas de
point. Les résultats dépassèrent l'entendement. Ainsi quand Aimée regarda une
image représentant des baigneuses vêtues du strict minimum sur une plage, N'kisi
marmonna un instant, puis les trois juges l'entendirent déclarer : « Regardez
mon joli corps nu. ». Quand Aimée vit sur une image quelqu'un qui téléphonait,
N'kisi dit :« Qu'est-ce qu' tu fais au téléphone ? » Peut-être sa remarque la
plus surprenante vint-elle quand Aimée concentra son attention sur une gravure
représentant des fleurs. Au lieu de prononcer simplement le mot clé « fleur »,
N'kisi dit :« Ça, c'est une "grav" de fleurs. »
Quel jugement global
peut-on porter ? N'kisi a réussi 23 tests sur 71. Le taux de réussite aurait été
de 7,4 si les résultats avaient été fortuits. D'après Sheldrake le résultat est
d'autant plus significatif que N'kisi ne savait pas qu'on le testait et qu'il
avait souvent prononcé le mot clé qui convenait une fois que le temps qui lui
était alloué était passé.
Cette preuve s'est ajoutée à la
montagne de preuves attestant que l'homme n'est pas le seul à posséder un
esprit, et qu'en fait l'esprit pourrait exister en dehors du cerveau. Il
peut paraître étrange qu'on puisse communiquer avec le règne animal, mais les
animaux familiers ne peuvent pas tricher et ils n'ont aucune raison de prouver
qu'ils ont des capacités particulières. Les rishis ont affirmé il
y a longtemps que l'univers tout entier est intelligent, parce qu'il est pénétré
par la Conscience. Voyons comment nous pouvons exprimer cette idée en
langage moderne.
Pénétrer dans le champ de
l'esprit
L'esprit est resté une énigme métaphysique
pendant des siècles parce qu'il ressemble à un fantôme qui hante le monde
physique. Les Occidentaux adoptent ce point de vue parce qu'ils ont un parti
pris en faveur du concret, du tangible. Nous insistons pour que le cerveau soit
la source de l'esprit : le cerveau n'est-il pas une chose visible ? C'est comme
si on disait qu'une radio doit être la source de la musique parce que c'est un
objet visible d'où provient la musique. Les rishis ont adopté le point de vue
opposé. Pour eux il est évident que les choses visibles ne peuvent pas être la
source de l'esprit puisque le plan physique est le moins conscient de tous les
plans. L'activité du cerveau pendant qu'il pense peut sembler significative,
mais une radio est active au cours d'une émission, et il ne fait pas de doute
que N'kisi (pour ne pas mentionner les télépathes humains) a saisi une pensée
qui était émise par quelqu'un.
Notre préjugé occidental contre
l'invisible n'est pas facile à surmonter. On prouvera que l'esprit existe en
dehors du cerveau seulement s'il laisse une sorte de trace, un signe visible
aussi convaincant que la preuve concrète de l'activité neurale fournie par
l'IRM. Une de ces preuves, c'est l'information. Si l'information pénètre tout le
champ quantique, elle peut relier l'esprit et la matière dans des termes plus
acceptables pour un matérialiste. Aucun scientifique n'a de peine à croire que
la matière et l'énergie ne peuvent être ni créées ni détruites, et les
physiciens les plus en pointe se demandent si l'information ne peut être, elle
aussi, ni créée ni détruite. Ce que nous voyons dans l'univers est en constante
transformation. Les atomes d'hélium fournissent du combustible au Soleil,
envoient de la chaleur à la Terre qui, par photosynthèse, se transforme en
plantes et en toutes les autres formes de vie. On peut dire sans risque de se
tromper que la vie consiste en un échange d'informations auquel procèdent les
atomes du Soleil avec les atomes de la Terre. (L'énergie est de l'information au
sens où toutes les charges chimiques ou électriques peuvent être exprimées comme
des plus ou des moins, comme positives ou négatives, comme des 0 ou des 1.) Peu
importe alors que votre corps n'ait aucune ressemblance avec une étoile qui
brille. Tous les deux appartiennent au même champ d'informations, qui subit des
transformations sans fin à l'intérieur de lui-même. Ou, comme l'a dit le
Seigneur Krishna dans le Bhagavad Gita : « En me repliant sur moi-même, je crée
encore et encore. »
Selon Amit Goswami, éminent physicien dont les écrits sur l'univers conscient
sont particulièrement nombreux, la créativité est simplement un autre mode de la
transformation. « L'univers met toujours du vin nouveau dans des vieilles
bouteilles, ou du vin nouveau dans des nouvelles bouteilles. ». Les mêmes amas
d'énergie, contenant les mêmes informations, sont continuellement brassés dans
le champ du point zéro. Goswami aborde la réincarnation dans la même optique.
Les anciennes identités circulent dans le champ d'informations, échangent des
données avec de nouvelles identités qui donnent l'impression de constituer un
nouveau « moi » mais sont en fait des transmutations de 0 et de 1
indestructibles, qui forment de longues chaînes d'idées et d'expériences.
Actuellement vous êtes une masse d'informations intégrées dans votre esprit et
dans votre corps. Vous avez des souvenirs uniques ; vos cellules ont subi des
modifications chimiques qui n'existent chez personne d'autre. Quand vous
mourrez, aucune de ces informations ne disparaîtra, parce que c'est impossible.
Il n'y a pas d'endroit où puissent aller les plus et les moins, le positif et le
négatif puisque le champ ne contient rien d'autre que des informations. Leur
seule alternative est donc de se combiner à nouveau. Comment procèdent-elles ?
La réponse se trouve dans la racine du mot information, qui est « forme
». Selon Ervin Laszlo nous habitons un « univers in-formé », qui enfile des
atomes le long de la double hélice de l'ADN, des fragments d'information sous
forme physique, tout comme il enchaîne des informations sous forme virtuelle en
tant qu'idées. Cela nous rapproche de la notion stupéfiante selon laquelle
l'univers tout entier est l'esprit de Dieu ; c'est-à-dire un champ dynamique
d'informations sans fin qui subissent des transformations sans fin. Mais nous ne
pouvons franchir ce pas si nous ne savons pas comment les idées insignifiantes
survivent, et encore moins les idées de portée cosmique.
Les rishis ont enseigné que les idées survivent dans le champ akashique en tant
que souvenirs. Vous et moi, nous accédons constamment à la mémoire akashique
alors que nous nous imaginons accéder à notre cerveau. Dans les cercles
ésotériques, la mémoire akashique a pour rôle de nous donner des renseignements
sur des défunts et sur des vies passées. Dans la psychologie jungienne
l'existence d'une mémoire unique explique pourquoi les cultures partagent les
mêmes mythes et archétypes. Vénus et Mars sont des créatures invisibles, et
pourtant présentes et vivantes. L'akasha se souvient de tous les dieux créés par
les hommes et de tous les combats épiques, de toutes les idylles et de toutes
les quêtes. Nous y puisons toujours au fur et à mesure que l'histoire humaine se
déroule à travers le temps.
Le cerveau a un centre de mémoire que l'on
peut localiser, mais l'esprit n'est pas limité au cerveau. Considérez une
expérience très significative dans votre vie - un premier baiser, ou la dernière
fois où vous avez vu un grand-père bien-aimé. Ce souvenir est la trace d'un
événement qui a eu lieu dans le temps et dans l'espace. L'expérience peut être
réactivée dans votre cerveau, ce qui signifie que des millions de molécules qui
pourraient circuler de façon aléatoire d'un neurone à l'autre savent qu'elles doivent rester groupées pour que vous gardiez
votre souvenir, année après année, sans qu'il s'efface. Comment pourraient-elles
avoir cette connaissance, si elles n'étaient pas douées d'intelligence ? La base
physique de la mémoire reste totalement inconnue des neurologues. Aussi
pouvons-nous seulement échafauder des hypothèses.
D'une façon ou d'une
autre votre premier baiser survit. La vie après la mort n'est pas physique,
parce qu'il n'y a absolument aucune différence entre l'hydrogène, l'oxygène,
l'azote et le carbone dans un neurone et ces mêmes éléments dans un arbre, une
feuille morte ou des matières végétales en décomposition.
Les neurones
ne sont pas immortels. Ils meurent tout comme le reste du corps et, à chaque
seconde, des atomes y pénètrent et en sortent. Alors comment un souvenir est-il
transféré dans un nouvel atome ou dans un nouveau neurone quand vient le moment
où l'ancien doit périr ? On n'a repéré aucun processus physique qui permette ce
transfert. Alors peut-être la mémoire persiste-t-elle à un niveau qui n'est pas
physique. Les neurologues défendent à cor et à cri l'idée opposée, à savoir que
l'esprit existe seulement dans le cerveau. Ils se servent de scanners et
d'imagerie par résonance magnétique pour prouver ce qu'ils avancent. Mais ces
images ne sont que des cartes. Elles montrent les aires cérébrales quand une
idée ou une émotion survient ; elles ne prouvent pas que le cerveau est l'esprit, pas plus qu'une empreinte de pas dans le sable ne
peut être assimilée à un pied.
Imaginez que vous puissiez dresser la
carte de toutes les vibrations qui se manifestent dans les minuscules
terminaisons nerveuses en bordure de l'oreille interne. Si elles étaient
représentées sur une feuille, à chacun des mots et des phrases que perçoit
l'oreille correspondrait un schéma d'une infinie complexité, mais ce schéma
serait seulement la carte d'un mot, non pas la carte générale du territoire. Une
phrase aussi percutante que « Je t'aime » représente davantage que ses
vibrations, puisqu'il est impossible de faire figurer sur la carte la plus
parfaite la puissance de l'amour, sa signification et l'intention qui l'anime.
La mémoire semble être un effet de champ. Pour que vous pensiez au mot «
rhinocéros » et que vous voyiez dans votre esprit l'image de l'animal, des
millions de cellules cérébrales doivent agir simultanément. (Nous laisserons de
côté la question plus difficile de savoir pourquoi vous avez choisi « rhinocéros
» parmi tous les mots que vous auriez pu choisir, puisque tout choix de mot peut
être fondé sur la raison, l'émotion ou des associations d'idées personnelles
dans la mémoire. On peut apprendre à un ordinateur à choisir n'importe quel mot
donné, mais il n'a aucune raison particulière de le faire - vous, vous en avez
une ou plusieurs.) Les neurones impliqués dans le choix du mot « rhinocéros » ne
passent pas en revue tout l'alphabet jusqu'à ce qu'ils arrivent à la lettre « R
» ; ils ne prononcent pas chaque syllabe tour à tour, ils ne feuillettent pas
des archives photographiques d'animaux pour associer le mot adéquat à l'image
adéquate. Au lieu de cela, le cerveau s'active de façon appropriée et
simultanée. Le cerveau agit comme un champ, il coordonne différents événements
en même temps, excepté que nous devons admettre que le cerveau n'est pas un
champ à proprement parler. C'est une chose composée d'éléments chimiques
apparemment sans vie.
L'aiguille d'une boussole se déplace parce qu'elle
réagit au champ magnétique de la Terre. Et s'il en était de même pour l'activité
du cerveau ? Et si le champ de l'esprit envoyait des signaux ? Et si des
milliards de cellules cérébrales se regroupaient en constellations pour répondre
aux signaux que leur adresse le champ ? C'est exactement ce qu'a suggéré une
équipe de scientifiques désireux d'innover. Henry Stapp, spécialiste de physique
théorique de Berkeley, Jeffrey Schwartz, neuropsychiatre à l'université de Los
Angeles, et Mario Beauregard, psychologue de l'université de Montréal se sont
associés pour formuler une théorie de « l'esprit quantique » qui peut
révolutionner la façon dont l'esprit et le cerveau entretiennent des rapports
l'un avec l'autre. La « neuroplasticité » est au centre de leur théorie : les
cellules cérébrales sont ouvertes au changement et répondent avec souplesse à la
volonté et à l'intention.
Les chercheurs partent de l'explication
scientifique habituelle, à savoir que « l'esprit est ce que fait le cerveau »
mais, comme nous l'avons vu, une telle explication comporte de nombreux défauts.
Les chercheurs postulent donc exactement le contraire : c'est l'esprit qui
contrôle le cerveau. D'après eux, l'esprit est comme un nuage d'électrons qui
entoure le noyau d'un atome. Jusqu'à ce qu'un observateur se manifeste, les
électrons ne possèdent pas d'identité physique ; il y a seulement un nuage
amorphe. De même imaginez l'existence d'un nuage de possibilités qui se
présentent à l'esprit à tout instant. (Il s'agit de mots, de souvenirs, d'idées
et d'images parmi lesquels l'esprit pourrait choisir.) À un signal de l'esprit,
une de ces possibilités en provenance du nuage forme un agrégat et devient une
pensée dans le cerveau, exactement comme une onde d'énergie se transforme en
électrons. Tout comme le champ quantique, qui génère des particules réelles à
partir de particules virtuelles, l'esprit génère une activité réelle du cerveau
à partir d'une activité virtuelle.
Ce qui donne à ce changement de
perspective une telle importance, c'est qu'il concorde avec les faits. Les
neurologues ont constaté qu'une simple intention ou un acte de volonté modifient
le cerveau. Les victimes d'une attaque d'apoplexie, par exemple, peuvent
s'obliger, avec l'aide d'un thérapeute, à utiliser seulement leur main droite si
la paralysie a affecté le côté droit du corps. En se concentrant jour après jour
par un effort de volonté sur cette partie du corps, ils peuvent petit à petit
guérir les aires cérébrales endommagées. On a également constaté des résultats
en cas de sénescence. Des gens âgés qui ont commencé à manifester des signes de
démence sénile tels que la perte de mémoire peuvent ralentir et même faire
reculer le processus dégénératif en faisant faire de l'exercice à leur cerveau
(on peut pratiquer « la gymnastique du cerveau », programme informatique qui
ressemble à un jeu vidéo mais qui comprend des exercices destinés à renforcer
certaines aires cérébrales). Des enfants nés avec une encéphalopathie infantile
ont récemment retrouvé l'usage de leurs membres paralysés grâce à des thérapies
similaires : le bras qui n'était pas affecté était mis en écharpe, ce qui
obligeait l'enfant à se servir du bras paralysé. Avec le temps, le cerveau
guérissait grâce à sa neuroplasticité…
En d'autres termes le processus
de réflexion et de compréhension effectué grâce à cette thérapie modifie les
cellules cérébrales. C'est exactement ce que prédisait la nouvelle théorie de
l'esprit quantique. La réponse était évidente dès le début. L'esprit a toujours
été capable de modifier le cerveau. Si on perd soudain un être cher ou si on se
fait licencier, une grave dépression s'ensuit souvent. La dépression provient
d'une décharge anormale de sérotonine, une des substances qu'on trouve dans le
cerveau. C'est pour corriger ce déséquilibre physique qu'on a habituellement
recours aux antidépresseurs. Pourtant, quand quelqu'un perd un être cher ou se
fait licencier, n'est-il pas évident que le déséquilibre chimique s'est produit
après la mauvaise nouvelle ? La réaction à la suite d'une mauvaise nouvelle est
un phénomène d'ordre cérébral. En effet la multitude de mots et de pensées qui
constitue notre environnement suscite en nous à tout moment d'innombrables
modifications dans notre cerveau.
À supposer que l'esprit prime par
rapport au cerveau, alors que penser si l'esprit est notre bien commun ? Je peux
dire « mon cerveau », mais je ne peux pas dire « mon champ quantique ». Il
devient de plus en plus évident que nous partageons le même champ quantique.
Cette hypothèse contribuerait grandement à corroborer l'existence des paradis et
des enfers, du Bardo et de la mémoire akashique, qui s'étendent bien au-delà du
cerveau. Tout d'abord il nous faut examiner le genre d'idées que partagent les
gens en tant que groupe. Le cerveau m'appartient « à moi », mais si les idées «
nous » appartiennent, alors nous faisons tous partie d'un champ, parfois de
façon tout à fait mystérieuse.
Le cerveau par-delà les
frontières
Le cerveau humain traite seulement une fraction
des informations qui sont à sa disposition. D'après certaines estimations le
cerveau reçoit 6 milliards de bits de données par seconde telles que des
vibrations sonores, des photons, des rayons X, des rayons gamma, des signaux
électromagnétiques et divers signaux chimiques et électriques provenant de
l'environnement immédiat. Cette masse d'informations se réduit considérablement
en s'intégrant dans le champ étroit de nos expériences auxquelles nous prêtons
attention et auxquelles nous réagissons. Mais ce que nous remarquons n'est pas
la même chose que ce que nous connaissons. Par exemple, certains prodiges
stupides dont le QI est très bas peuvent instantanément faire des calculs
impressionnants, dire le jour de la semaine où tombera une date lointaine, se
rappeler tous les détails de leur passé, ou apprendre des langues difficiles
avec une incroyable facilité. (Un de ces prodiges a maîtrisé le finnois, l'arabe
et le mandarin quand il était très jeune, et c'est seulement plus tard que les
personnes qui en avaient la charge se sont rendu compte qu'il avait appris ces
langues bien qu'il eût tenu ses livres à l'envers.) Il manque souvent à de tels
prodiges les capacités élémentaires dans d'autres domaines. Ainsi un certain
prodige qui a fait l'objet de nombreuses études est capable de jouer de la
musique ou de peindre avec une facilité déconcertante, mais il est incapable de
calculer la monnaie qu'on doit lui rendre quand il fait un achat ou de lacer ses
chaussures sans qu'on l'aide.
Des chercheurs se sont aperçus que des
gens normaux qui souffrent de tumeurs au cerveau et d'autres troubles
neurologiques peuvent manifester un certain don artistique. En conséquence ces
chercheurs ont examiné le cerveau de prodiges et ont découvert qu'eux aussi
présentaient des anomalies, en particulier dans le lobe temporal droit. De nos
jours on estime que le « syndrome des prodiges » résulte de ce genre d'anomalies
physiques. Lorsque le filtre qui protège le cerveau est détérioré, le réel prend
une importance considérable dans certaines aires cérébrales et devient
insignifiant dans d'autres, semble-t-il. Toutes sortes de dons extraordinaires
peuvent se révéler de façon inexplicable. Joseph Chilton Pearce, spécialiste du
développement de l'enfant, traite du syndrome des prodiges dans son ouvrage "The
Biology of Transcendence (La Biologie de la transcendance)". Il fait plusieurs
remarques intéressantes. La première, c'est que la plupart des enfants atteints
de ce syndrome ne révèlent pas leurs capacités spontanément mais réagissent
seulement quand ils sont sollicités. La seconde, c'est qu'ils ne souhaitent pas
particulièrement élargir le domaine de leur capacité hors du commun. Si vous
demandez à un prodige quel jour de la semaine tombera le 12 mars 2163, c'est
comme si vous parliez à une machine. L'enfant se concentre quelques secondes,
puis la réponse jaillit, mais cet enfant pourrait manifester peu d'intérêt pour
les mathématiques élémentaires. Un prodige spécialiste du calendrier pourrait ne
pas savoir multiplier 12 par 12.
Le cerveau normal filtre les informations pour une bonne raison : il n'a pas
besoin de très nombreuses données pour se façonner une personnalité avec
certaines croyances, certains objectifs, certains souvenirs, certaines
préférences et certaines antipathies. Nous rejetons délibérément d'innombrables
informations, mais un cerveau lésé est exposé à un flot d'informations car il
est incapable de choisir et de filtrer. Pearce a été particulièrement intrigué
par la façon dont un prodige « expert en automobiles » pouvait simplement jeter
un coup d'œil dans un parking et vous indiquer la marque, le modèle et l'année
de toutes les voitures qui s'y trouvaient sans même savoir lire. Comment y
parvenait-il sans avoir lu les magazines qui présentaient les derniers modèles,
y compris les modèles européens pour lesquels on n'avait fait aucune publicité
aux États-Unis ? Il semble que ces enfants prodiges aient accès au « champ de
l'esprit ».
Le génie est une autre façon d'accéder à ce champ en
franchissant les limites de ce qui est normal. Des musiciens prodiges comme
Mozart peuvent voir mentalement la partition de toute une symphonie. On connaît
un enfant prodige capable depuis son plus jeune âge de se brancher tour à tour
sur quatre instruments de musique différents. Quand on lui a demandé d'écrire
une nouvelle sonate pour violon, il s'est simplement branché sur le canal
approprié et a écrit comme sous la dictée. Il semble possible d'établir un
rapport direct avec le champ d'informations. La possibilité que le cerveau soit
le récepteur et l'esprit le créateur nous paraît de plus en plus vraisemblable.
Tout cela est important pour la vie après la mort. En effet en mourant
nous n'avons plus de cerveau mais nous désirons garder notre esprit en bon état.
Si les sages des temps védiques ont raison, le cerveau nous relie
à la Conscience infinie. Le fait que nous excluons une si grande partie
du champ de l'esprit ne signifie pas que nous y sommes obligés. Les peuples
aborigènes n'ont pas accès aux mathématiques supérieures, au raisonnement
scientifique ou à des harmonies musicales savantes, mais si l'on enlevait un
bébé à une tribu de la jungle de Nouvelle-Guinée et si on le plaçait dans
l'environnement approprié pour qu'il s'instruise, son esprit serait
potentiellement capable d'acquérir tous les savoirs. Au cours de la dernière
décennie certaines tribus ont quitté la jungle de Nouvelle-Guinée et se sont
rendues dans les villes environnantes. Elles ont ainsi effectué la transition
entre une culture qui n'a jamais connu le travail des métaux et une culture où
on sait conduire des automobiles.
Pourquoi n'accédons-nous pas à une
plus grande partie du champ de l'esprit ? En fait nous y accédons. Le cerveau
s'adapte si on le souhaite. Si vous avez l'intention d'apprendre les idéogrammes
chinois dont il existe des milliers, vous pouvez vous concentrer et, petit à
petit, un système de traits dépourvus de sens se transformera en un ensemble
significatif. Une fois acquise, la langue chinoise devient une seconde nature,
et vous pouvez vous en servir pour créer. Ainsi vous avez accédé au champ de
l'esprit et contribué à votre évolution. Vous avez franchi une étape aussi
importante que celle qu'a franchie l'homme paléolithique quand il a découvert
que les sons de la voix dépourvus de sens pouvaient être transformés en langage
parlé.
L'intelligence et la signification ne sont pas seulement « ici en
nous », en tant que création subjective du cerveau, ou « là-bas en-dehors de
nous », en tant que réalité objective. C'est par l'échange, en donnant et en
recevant, que le cerveau crée le sens, c'est aussi la façon dont il crée le
monde et se crée. En fait tous ces processus se résument à un seul processus :
le Soi « se concentre sur lui-même pour créer et créer encore », comme dit le
Seigneur Krishna. Le champ est naturellement créateur. Il est à l'origine du
cerveau humain, dont la réceptivité est si étonnante qu'il franchit l'étape
suivante et apprend à créer tout seul de nouvelles pensées, de nouveaux
souvenirs, de nouvelles capacités. Ce n'est pas tout : notre cerveau reflète
l'activité du cosmos. Il nous arrive de prétendre que « nous pensons », alors
qu'il est tout aussi vrai de dire :« Le champ de l'esprit pense à travers nous.
»
Quelques conseils en guise de
conclusion
Selon Krishnamurti, « La forme la plus élevée
de l'intelligence humaine, c'est de s'observer sans porter le moindre jugement.
» En d'autres termes si vous pouvez ne pas être impliqué dans la façon dont vos
croyances se comportent, dans la façon dont les impulsions du désir et de
l'aversion vous harcèlent, dans la façon dont les souvenirs entreposés dans la
conscience vous font percevoir le monde, vous pouvez observer le champ
directement. Il s'agit du véritable éveil. Dans de nombreuses traditions
spirituelles, comme le bouddhisme, ce qui importe, c'est d'être serein, détaché
par rapport au dialogue intérieur, là où affluent les idées et les impulsions en
provenance du passé. L'observation nous permet de voir et de comprendre avec une
intelligence globale, sans chercher à gagner ou à perdre. Vous avez là une
chance de connaître le champ de l'esprit ou, pour employer une expression
usuelle, « d'avoir l'esprit ouvert »…
Ce qui est un paradoxe étonnant,
c'est que pour atteindre l'éveil, en étant libéré des impressions du passé, vous
n'avez pas d'autre choix que d'utiliser votre cerveau. Or le cerveau est englué
dans l'habitude qu'il a de filtrer, de choisir, de préférer, de rejeter, etc.
Alors comment échapper à ce paradoxe ? L'ouverture d'esprit est une
question délicate. Voici comment procéder.
1. Sachez que vous allez vous
identifier à votre vision du monde à chaque stade de votre développement
personnel.
2. Acceptez que ces identifications soient temporaires ; vous
ne serez jamais vraiment vous-même avant d'atteindre l'unité.
3. Soyez
prêt à changer d'identité tous les jours. Soyez souple. Ne fendez pas un « Moi
». Vous savez qu'il est éphémère.
4. Abandonnez-vous à l'observation en
toute sérénité sans porter de jugement, sans vouloir chasser les idées qui sont
enracinées en vous et vers lesquelles vous vous tournez comme par réflexe.
5. Quand vous vous sentez prêt à vous débattre avec vos difficultés,
considérez qu'il s'agit d'un signal qui vous invite à lâcher prise. Ouvrez un
espace de liberté pour que la nouvelle réponse se manifeste spontanément.
6. Quand vous ne pouvez pas lâcher prise, pardonnez-vous et continuez
votre chemin.
7. Profitez de toutes les occasions pour vous dire que
tout point de vue est valable, toute expérience précieuse. Tout ce qui vous
éclaire vous porte un moment de liberté.
Vous pourrez avoir un esprit
ouvert en acceptant le champ de l'esprit, vous serez témoin sans porter de
jugement. Vous serez enclin à vous redéfinir continuellement. En d'autres
termes, donnez la priorité à l'évolution plutôt qu'au maintien du statu quo… »
Extrait de "La vie après la mort" Deepak Chopra (Éditions Guy Trédaniel – Mars 2007) ÈRE
NOUVELLE – Juillet
2007
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